Interview d’Héléna Ciak

  • A quel âge avez-vous commencé le basket ?

« J’ai commencé le basket vers l’âge de 10-11 ans »

  • Qui a été votre 1er entraîneur ?

« C’est mon papa. C’est lui qui m’a emmené à la salle pour la première fois parce qu’il était entraîneur de poussine.

On habitait à Semoy et la salle était à 200 mètres de chez nous donc  il a été mon premier entraîneur »

  • Quel a été votre 1er club ?

« J’ai commencé à Semoy mais c’est vrai qu’après je suis partie au CJF à Fleury les Aubrais. J’ai commencé à faire mes années minimes et cadettes France.

 Entre temps j’étais partie faire une année de cadette France à Saran. Je suis revenue pour jouer en seniors au CJF.

 Ensuite j’ai pratiquement tout fait à Saran.[…] voilà, j’ai jonglé entre le CJF et Saran où j’ai découvert dans les deux clubs, le niveau nationale cadette et senior.

 Avant de partir dans le milieu professionnel, j’étais vraiment bien à Saran où j’ai pratiqué en national 2 et 3 »

  • Avez-vous gardé des attaches avec ce club ?

« Oui, de fortes attaches. J’ai encore des contacts dans  les deux clubs. Après, il est vrai que j’ai plus de relations avec les gens de Saran. Je garde vraiment un très très bon souvenir de cette époque. Avec le CJF j’étais jeune mais je ne les oublie pas.

Je revois encore la salle et les entraineurs. Il est vrai que j’ai plus gardé contact avec Saran. »

  • Dans quel autre club amateur avez-vous évolué ?

« Les trois clubs que j’ai fait son dans le Loiret, Semoy, Fleury et Saran »

  • Avez-vous fréquenté un pôle espoirs ?

« Non je n’ai pas fait de pôle ni de centre de formation, ce qui fait que j’ai un parcours assez atypique.

 Je suis restée dans ces deux villes de Saran et Fleury parce que je m’y sentais bien. J’étais avec mes copines. J’avais une vie « normale ». Je ne faisais pas du basket tous les jours, même si j’étais au collège Condorcet en classe basket. »

  • En quelle année avez-vous signé votre 1ére licence en LFB ? et dans quel club ?

« Je suis partie à la Roche sur Yon. On était en ligue 2 à cette époque. Je suis partie en 2010-2011.[…] j’ai signé mon premier contrat pro là-bas. »

  • Quelles sont vos idoles féminines du basket français et étranger ? 

« Dans le basket français j’ai beaucoup admiré Yannick Souvré. Ce n’est pas du tout le même poste de jeu que moi, mais j’aimais beaucoup son tempérament. C’était un leader que j’appréciais beaucoup.

 A mon poste de jeu j’aimais beaucoup Isabelle Fijalkowski. Je regardais aussi Céline Dumerc.

 A l’étranger, je ne suivais pas trop la WNBA. Je commençais à regarder la NBA et j’aimais beaucoup Shaquille O’neal. Il faisait exactement la même taille que mon père. J’étais très fière de dire que Shaquille faisait la même taille que mon papa. J’aimais bien les Lakers. Le premier maillot que j’ai acheté a été celui de Kobe Bryant.»

  • Quel club étranger vous a le plus marqué, Pourquoi ?

« Je n’ai fait qu’un seul club à l’étranger. Je suis partie en Russie 2 ans au Dynamo Koursk. J’en garde un très bon souvenir. C’est un club où j’ai énormément appris au côté des plus grands.»

  • Vous venez de signer à Lyon ASVEL féminin. Quels sont les motifs de ce choix ?

«Quand j’ai eu la proposition de l’ASVEL  il y a 3 ans, c’était pour moi le projet le plus ambitieux et le plus intéressant.

 Cette saison, je devais partir au Fenerbache en Turquie mais cela n’a pu se faire […].

Il y a 5 ou 6 ans, Tony (Parker) a repris le club avec de grosses ambitions. Il a mis en place une structure importante pour le basket féminin.

J’étais vraiment intéressée par le projet à long terme. J’avais aussi envie de me poser un peu parce que j’avais fait beaucoup de clubs. Maintenant c’est ma 3ème saison à Lyon et je m’y sens vraiment comme à la maison. »

  • Quels sont les objectifs de Lyon ASVEL féminin ?

« A court terme, c’est comme tous les clubs, gagner des titres.

 Tony à soif de titres donc il fait des gros recrutements. Il a eu cette alliance avec le groupe OL et Jean Michel Aulas. Ce qui prouve qu’il met les moyens pour que ce soit un club qui grandisse et devienne un jour un des plus gros clubs d’Europe.

 Chaque année, l’objectif est de gagner des titres, donc le championnat et la coupe.

 On est engagé en coupe d’Europe donc forcément on a ce rêve de remporter cette coupe. C’est un club qui grandit, qui gravit des échelons chaque saison et Tony s’investit beaucoup avec un projet d’une nouvelle salle dans deux ans.

Je pense que dans quelques années Lyon ASVEL féminin deviendra un très grand club. »

  • Quels sont les titres que vous avez obtenus avec vos différents clubs ? et avec l’équipe de France ?

« J’ai commencé en ligue 2, j’ai joué une saison à la Rochelle et une à Perpignan.

 En ligue féminine, avec Perpignan nous avons fait une très bonne saison. Nous finissons 3eme au classement. Nous allons  jusqu’en demi-finale où nous perdons contre Montpellier. Après le club a eu des soucis et a disparu.

 J’ai dû trouver un autre club et suis partie à Montpellier. Nous avons remporté le titre de LFB

Ensuite je pars à Bourges pendant 2 saisons. J’ai eu cette opportunité d’aller à Bourges qui est l’un des plus gros clubs français.

 En plus ce n’est pas loin d’Orléans et de ma famille.

 La première saison on gagne le titre. J’ai donc remporté le titre avec deux clubs différents. La deuxième saison avec Bourges, on gagne l’Eurocup.

Ensuite j’ai cette proposition de partir à l’étranger. Je suis partie en Russie au Dynamo Koursk pendant deux saisons.

 C’est un monde complètement différent mais j’ai adoré parce que j’aime beaucoup découvrir des nouvelles cultures.

On fait une saison sans faute et on gagne l’Euroligue. C’est un titre qui est très difficile à aller chercher tellement le niveau est élevé.

 Je pense que c’est mon meilleur souvenir en club.

 Je suis partie toute seule à l’aventure. J’étais la seule française dans une ville ou personne ne parlait anglais. C’était compliqué mais on a remporté le titre… c’est énorme !

J’ai fait une deuxième saison au Dynamo Koursk. J’avais envie de rentrer en France.

 J’ai eu à nouveau ce projet de Montpellier. Les joueuses étaient mes copines de l’équipe de France et un entraineur que je connaissais aussi. Je n’ai pas du tout hésité.

Individuellement je pense que ça a été ma plus belle saison. Je finis MVP de LFB.

 Tout ce passe bien jusqu’au moment où l’on perd la finale contre Lyon et la finale  d’Eurocup contre une équipe russe.

 Je me fais une grave blessure juste avant les finales. J’ai été marquée psychologiquement. Je savais déjà que j’allais aller à Lyon.

 J’avais déjà signé mon contrat depuis février et je me suis blessée en mai.

 J’ai quand même voulu faire deux matchs sur cinq des finales et cela m’a valu un arrêt beaucoup plus prolongé.

 Je n’ai pas pu participer au championnat d’Europe avec l’équipe de France.

 Aujourd’hui j’ai signé pour quatre ans à Lyon.

 Avec l’équipe de France, j’ai fait deux championnats du monde, trois championnats d’Europe et deux Olympiades Rio et Tokyo.

C’est toujours un grand plaisir de porter le maillot de l’équipe France.

 J’ai un objectif, aller aux jeux de Paris 2024.»

  • Quel est votre plus beau souvenir durant votre carrière ?

« Sans hésiter … C’est la médaille de Bronze des J.O de Tokyo.

 Les Jeux Olympiques ont été un moment inoubliable.

 Je pense que je pourrais encore en parler toute ma vie.

 On se remémore le travail, les sacrifices et avoir la médaille autour du cou c’est magique !»

  • Avez-vous pensé aux JO 2024 à Paris ?

« Oui, il y a des gros objectifs. En France à la maison, c’est très beau.

Ça commence pratiquement maintenant. On a 3 ans pour se préparer et les objectifs sont hauts. […]

Pour le moment on ne ressent pas trop cette pression mais je pense qu’il y en aura forcément.

 Nous avons été invitées à l’Elysée par le Président de la République  il y a quelques semaines. Il a évoqué les jeux de Paris et il veut beaucoup plus de médailles donc  le ton est donné. »

  • Avez-vous pensé à l’après carrière ? Si oui quelles sont vos orientations ?

« Oui forcément, je commence à y penser car le temps passe vite.

 On me dit souvent « tu veux être coach ? ». Mais je ne le pense pas.

J’ai envie de découvrir autre chose. J’ai commencé à regarder des formations, je sais dans quoi je me verrais.

 Je pourrais peut être travaillé dans un club mais j’aimerais voir autre chose.

 J’y ai consacré pas mal d’années, beaucoup de sacrifices. Je ne vois pas beaucoup ma famille et j’aimerais avoir du temps pour rattraper tout cela. »

  • Appréhendez-vous l’après carrière ?

« Oui forcément parce que la vie de basketteuse est presque hors norme.

 On a des contraintes mais ce sont aussi des moments privilégiés : les compétitions, les médailles, le fait d’être toujours entouré.

On est toujours en équipe. On rencontre plein de gens. Pour moi c’est une vie que j’adore et j’aimerais garder un métier où l’on rencontre beaucoup de personnes.

Donc  bien sûr, cela me fait peur parce que j’adore cette vie et le temps passe très vite.

 J’essaie encore en profiter. »

Source : interview réalisé à distance par Jacky Ravier et Samy Pinto